Diplômé de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Paris, Michel Hergibo s’est d’abord passionné pour des oeuvres issues de l’art classique et de la Renaissance italienne. Très jeune, il cherchera à saisir le mystère de leur perfection en copiant au Louvre les maîtres comme David, Nicolas Poussin ou encore Paolo Ucello. Il voyagera à Pompéi dont les fresques l’inspireront durablement.

Il s’enthousiasme également pour le romantique Delacroix et l’énergie contenue des Femmes d’Alger.
Devenu enseignant, il fait partager son goût de la peinture et ses connaissances en histoire de l’art aux étudiants de l’Ecole des Beaux-Arts de la ville D’Auxerre et au sein de l’Education nationale.
Parallèlement, il exposera dans certaines galeries parisiennes : la galerie GUIOT, avenue Matignon, la galerie CHARDIN, rive gauche, mais il sera aussi l’hôte de la galerie HAMON au Havre. Autant de lieux qui donneront à ses oeuvres une visibilité nationale puis internationale.

Michel Hergibo exposera alors en France, en Belgique, au Japon, en Tunisie et plus récemment à Prague à la demande de l’Institut français (galerie FEERIES) et au Maroc (galerie LINEART à Tanger, AGORA à Marrakech).

En 1996, il s’installe dans le Midi et, par l’intermédiaire de l’association Ambre International aujourd’hui Agora des arts de la Côte d’Azur, dont il est un membre actif, il est exposé dans toute la région P.A.C.A. et principalement à Sophia-Antipolis.

Il peut enfin donner libre cours à sa passion pour la peinture monumentale, en réalisant durant une décennie une cinquantaine d’oeuvres de ce type intitulées Les Africaines. Elles seront présentées par la ville de Fréjus au Paquebot Caquot dans un espace atypique de 3000m2, puis à La Tour Royale à Toulon, lieu exceptionnellement ouvert dans le cadre des Journées du Patrimoine, à Marrakech et enfin sur les remparts de la citadelle de Villefranche-sur-Mer.
Michel Hergibo a gardé des classiques le goût des compositions sévères ; à l’écart des tendances éphémères et des modes, il affirme que tout est relié dans la nature, tout est passage. Selon lui, la réalité de la ligne en tant que démarcation entre différentes formes doit toujours être remise en cause. Par ailleurs, l’expression «avoir un style» n’a pas de sens réel, c’est plutôt le sujet ou le thème qui doit déterminer la manière de peindre et non l’inverse, assez proche en cela des idées d’André Derain qu’il admire «Je dose le degré de présence de la figuration dans une peinture en fonction des résultats que je me suis fixé . je souhaite obtenir une peinture qui s’équilibre, entre ce qu’elle montre, suggère et cache.»

Certains thèmes se dégagent nettement de ses peintures : Orléans, sa ville natale avec la Loire, c’est là qu’il découvre la beauté des gris orléanais, celle des toits d’ardoise et s’en imprègne pour en faire un élément essentiel de son oeuvre. D’autres villes comme celles du Maroc, ou encore Venise ou la Barcelone de Gaudi.
On trouve également dans ses peintures quelques objets rouillés, de vieux outils : haches, scies, rabots mais aussi un crâne de boeuf et la pomme dont la rondeur figure la perfection. Apparaissent enfin des personnages de sa vie privée, esprits issus du passé que le critique d’art Jean François Clément désigne sous le nom de «fantômes». Il continue ainsi : «Il y a bien un style Michel Hergibo . Quelles que soient les scènes suggérées ou données à deviner, la manière de peindre est, ici, toujours la même.» Ou encore «Peintures de scènes marines, peinture tellurique, d’un mouvement permanent, sans éclats trop forts, mais avec de puissantes parts d’ombre, on est ici aux limites extrêmes de la figuration libre, lorsque demeure seulement la beauté.»

Le peintre ajoute «Je ne suis pas un exhibitionniste de la couleur, elle est toujours contrôlée par des gris colorés.»
Admirateur fervent des techniques anciennes, notamment celle de la fresque des Primitifs, il utilise dans ses peintures des procédés complexes qui intègrent des produits contemporains comme ceux que lui a fait découvrir Edouard Adam.
Depuis quelques années, il expose dans le cadre du mouvement MAIL ART, notamment à la galerie SPARTS rue de Seine au côté de Christian Balmier, Ben, Alain Bresson, Cueco, Velikovitch.
Le peintre répète sans cesse «Je voudrais peindre le rien» pour, aussitôt ajouter sans craindre l’apparente contradiction «Ma peinture est un cahier intime où je range les histoires de ma vie. [ …] Je ne peux peindre que des thèmes, des sujets directement liés à ma vie, ceux qui ont de l’épaisseur et dont l’histoire croise la mienne».